C'est quoi Guignolsland ?


Guignolsland.com [lien] est un site consacré au village de Brindas (F 69126) [infos], et à Guignol [page], au théâtre, etc.

Ce blog est ouvert parallèlement à ce site —d'une part pour recueillir des articles que nous évacuons de nos pages (surtout des actus de la page nommée... Brind'Actu), —et d'autre part pour accueillir vos points de vue, vos remarques, y compris sur des sujets non encore abordés.

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lundi 8 octobre 2012

Jean-Guy Mourguet (1929-2012), une vie pour Guignol

vignette musée-théâtreDu 19 Février au 25 Mai 2014
au musée théâtre Guignol à BRINDAS
Expo "Jean-Guy Mourguet, saltimbanque" 
(du mercredi au dimanche, de 14h à 18h, gratuit)


Cet encadré a été d'abord placé sur la page GUIGNOL de notre site Guignolsland…

JEAN-GUY MOURGUET (22-11-1929//8-10-2012)
Nous apprenons avec une profonde tristesse le décès de 
Jean-Guy Mourguet (Jean Brunel pour l'état-civil), 
 survenu le 8 octobre (à 82 ans) à l'hôpital Lyon-Sud.
Une cérémonie aura lieu en l'église de Brindas
vendredi après-midi 12-10-12, à 15h15.
(crémation le 13-10, puis cendres déposées
dans le caveau familial à Brindas le 15-10)

Vous trouverez bien sûr son nom mentionné plusieurs fois au fil de cette page :
Mais citons Wikipedia [PS: ça doit d'ailleurs être nous qui avions écrit ces lignes… On avait oublié…!] pour redonner succintement quelques éléments biographiques:

"À partir des années 1960, c'est la troupe du Petit Bouif qui allait tenir le haut du pavé dans son théâtre de la rue Saint Georges, sous l'impulsion de Jean-Guy Mourguet (descendant à la cinquième génération du créateur de Guignol, dont il reprenait le nom).
Après l'ultime spectacle de la troupe fin 1990 germera chez Jean-Guy Mourguet l'idée de léguer sa collection (de marionnettes, accessoires, documents…) au village de Brindas (où il habite, et où les Neichthauser ont vécu aussi), avec la perspective d'y ouvrir un musée. Ce sera finalement chose faite en janvier 2008 (et grâce à la CCVL, communauté de communes des Vallons du Lyonnais) avec l'ouverture à Brindas du Musée-théâtre Guignol".

À Brindas, où il était venu dès 1939 avec sa grand-mère Josserand, et où il avait fait du théâtre plus tard (dans les 50s, quand il était encore dans l'architecture et rêvait de devenir chanteur lyrique…), Jean-Guy avait reformé dans les années 2000 un groupe de marionnettistes assez amateur, "Les Gones à Mourguet". Car à part lui et la fidèle (et remarquable) Janine Tardu-Billot, la plupart n'avait jamais manié une marionnette auparavant. Ils donnaient des spectacles de loin en loin à la salle des fêtes du village, des spectacles très attendus car on pouvait être sûr que, quelle que soit la pièce, quelques brindasiens y seraient égratignés (gentiment) au passage par son humour très caustique. Mais pour les dernières représentations en mai 2012 (et au MTG cette fois), c'est Gérard Truchet qui avait pris le rôle de Guignol et d'animateur du groupe que Jean-Guy n'était malheureusement déjà plus en mesure d'assurer… 
(Extrait d'une vidéo de 1989)


Une page (la 16) dans Le Progrès de ce mercredi 10 octobre.
La disparition de Jean-Guy Mourguet traitée par France3 et sur TLM…  PS : Dans le Progrès, et dans Libé
On peut aussi (re)lire l'excellent article de Libération de décembre 2007 : Guignol, putain 200 ans…

Lors de la cérémonie à l'église du 12 Octobre, Gérard Truchet a longuement retracé la vie de Jean Guy, né dans une famille de marionnettistes, mais qui rêvait d'abord d'une carrière de chanteur d'opéra (tout en travaillant dans un cabinet d'architecture…). Mais la marionnette allait progressivement devenir toute sa vie, avec le théâtre de la rue des Marronniers, puis Le Petit Bouif à Saint-Georges et enfin le Guignol de Lyon de la rue Carrand.
Janine Tardu-Billot a également prononcé des paroles très émouvantes, et Louis-Do Bazin ("élève" de JGM) a terminé en parlant assez justement de sa "subversion"…
On a quand même été assez surpris que lors de cette cérémonie, qui était (qu'on le veuille ou non) le seul hommage vraiment public rendu à Jean Guy Mourguet, on n'entende pas la moindre intervention de la mairie de Brindas (certes, notre mairesse était paraît-il partie aux Amériques…), ni surtout de la CCVL* (qui s'occupe du musée-théâtre monté grâce au legs de Jean Guy Mourguet). Bien sûr il y avait leurs fleurs, parmi beaucoup d'autres (Mairie de Lyon, etc), …et ceci d'ailleurs alors que Jean Guy avait demandé à ce qu'il n'y ait pas de fleurs ! Mais dès qu'on n'est plus là pour avoir l'œil…

PS: *On va dire que c'est "réparé": La CCVL publie dans le dernier numéro de son magazine "Quoi de 9" (le n°32, p°16/17) une double page en hommage à Jean-Guy Mourguet. Avec des photos commentées retraçant sa vie… Quant à Christiane Agarrat elle a rendu (nous dit-on) un hommage au dernier des Mourguet lors de la réception de la délégation italienne de Chignolo Po le 8 Décembre…
PPS: Et une autre page hommage, dans Brindas Images de Janvier 2013…

Dans Quoi de 9, Hiver 2012
[Publication de la CCVL]
Dans Brindas Images, Janvier 2013
[Publication de la ville de Brindas]




PPS: Saison 2013/2014 au MTG dédiée à Jean-Guy Mourguet :
- Samedi 30 Novembre 2013, spectacle "J'y suis pas" (par Le Montreur)
- 19 Février au 25 Mai 2014, exposition temporaire,
avec conférence par Gérard Truchet le Dimanche 27 Avril à 15h.

[Extrait du programme 2013-2014 du Musée Théâtre Guignol]



Un autre document dans les archives de l'INA >> boutique.ina.fr/video/… (12mn), du milieu des années 70 sans doute (Lyon à l'ère bétonneuse…): dans les rues du quartier St-Jean, un jeune Jean-Guy Mourguet y raconte Guignol ! Puis au théâtre, on croise dans les ateliers la mère, puis le père de Jean-Guy, et ensuite présentation de toute l'équipe des marionnettistes (amateurs…!).




Guignol, les Mourguet, de Paul Fournel (1995, nouvelle édition en 2008)







Andrée Burtin
Décembre 2013 : Disparition cette fois de Andrée Burtin, qui faisait partie de l'équipe avec Jean-Guy, Jean Clerc, etc. Avec ces deux-là d'ailleurs elle avait publié en 1988 "C'est pas Dieu poss'!", un petit ouvrage (14x10) de petites histoires humoristiques, lyonnaiseries sans prétention. On vous en livre une ci-dessous, consacrée au théâtre de marionnettes, et qui s'intitule…

"Venez donc voir notre derrière… 

Hou là mon épaule ! Elle fonctionne plus, manquâblement. Et mon poignet est tout ankylosé. Ces marionnettes, ça pèse une tonne ; une heure et demie, le bras en l’air, une poutrônne au bout, à bajafler pour faire rire le monde... et dire que je fais ça du depuis trente-cinq ans. 
Trente-cinq ans de castelet, c’est pas Dieu poss ! J’ai commencé par jouer les fenottes de vingt ans comme les Louison et l’Emilie du " Pot de Confitures ", et aujord’hui, je joue les catolles, les bourgeoises des Brotteaux et les veuves d’Ainay, vous savez, celles à qui on donnerait le Bon Dieu sans confection. Ça prouve que même quand on reste canfouiné dans un castelet sans qu’on nous voye, l’âge y faut ben faire avec. L’essentiel, c’est de tenir tâti.
La séance est finie, salut les gones, je vous fais peter la miaille et je file me mettre une bouillote sur mon épaule. Voui, ce soir, le public était bon, un peu constipé au début, mais y avait que des Yonnais ; y n’ôsaient pas rire, après y se sont rattrapés, y a fallu les faire taire, pire que les bosons du mercredi. 
Quoi, y restent assis ? Y s’en vont pas ? Jean-Guy, tu vas chausser ton Guignol, passer devant le rideau et leur annoncer que le spectacle est fini. Sans blague, on est crevogné, nous. C’est à toi de leur z’y dire, après tout t’es le directeur de la troupe… Quand ça t’arrange, tu nous le serines assez que c’est toi le directeur, hein ?...
Pendant que j’y pense, Robert, t’es une vraie sampille, au II, tu me bouffes ma réplique en rentrant trop vite avec ton Gnafron, et tu me marches sur les agottiaux... Comment ! C’est toi qui panosse en scène ?... Non, n’accroche pas tes marionnettes à côté des miennes, tu petafines mes chapeaux, que ça les met en cognon !
C’te fois, je m’ensauve, je tombe de sommeil. Le public veut pas décaniller ?  Y veut visiter notre derrière ? Eh ben, qu’il entre. Ah les gones ! On n’est pas encore dans notre pucier. Venez, Messieurs-Dames... non, vous ne nous dérangez pas, au contraire. Vous venez voir notre derrière, notre devant vous suffisait pas ? Et voui, les marionnettes, vues de près, c’est pas pareil, on perd la notion d’échelle. On est huit pour jouer et pis tout faire, c’est la tradition chez nous, on fait tout nous-mêmes : les costumes, les accessoires, la comptabilité, les décors, les textes, les engueulades, tout...
Sans vous commander, vous touchez pas. J ’ai pas dit que vous aviez les mains comme Jean-Paul Sartre... les mains de Sartre, voui... les mains sales, quoi ! Enfin, vaut mieux pas pitrogner ; les marionnettes, c’est fragile. Attendez Messieurs-Dames ! Un peu de patience... Parlant par respect, notre derrière est tout petit, alors n’entrez pas tous à la fois.

(NB: les fôtes d'orthographe sont généralement volontaires, c'est du yonnais !).

Et allez… de ces petites histoires de ce même mini-livre (sorti à St-Etienne chez Action Graphique, en '88 donc), on vous en livre une de Jean-Guy (l'auteur n'est même pas précisé, mais on devine souvent…)


"Le darnier tutu 

Quand Lyon a été libéré, en 44, nous on était à Brindas. L'Augustine, ma grand'mère, était venue nous voir par le tutu de Vaugneray (c'est le tramway qu'on appelait comme ça, rapport à sa corne pour avertir dans les croisements). Tout se passait bien, enfin si on peut dire, vu qu'on la sautait à pieds joints même à la campagne. Y avait qu'une ferme dans notre hameau et ça abondait pas pour tout le monde ; mais enfin, on arrivait bien à tirer un quart de litre de lait pour nous quatre tous les deux jours, c'était mieux qu'en ville, pas vrai ?
Mais l’Augustine avait des fourmis dans les piottes. " On va être libérés, qu'elle disait, et je serai pas chez moi ! ".
- Et alors, qu'on lui faisait comme ça, te te crois indispensâble ?
- Y faut que j'y aille, on sait jamais... je peux pas laisser mon appartement tout seul.
- Y veut pas s'ensauver.
- Je me rentourne a Lyon, je prends le darnier tutu du soir.
Et la voilà que fait son baluchon. Moi je l'accompagne un peu plus loin que l'Yzeron, aux deux fermes, pour lui porter ses paquets, mais elle veut que je me rentoume " Va vite mon gone, y va faire nuit  On se fait peter la miaille et la vela partie.
Le lendemain, les ponts sautaient à cha un, mais l’Augustine était canfouinée dans sa cambuse que regardait ses briquetages se fendre les uns après les autres.
Et la fin du voyage, on l'a sue quand on s’a retrouvé. A Vaugneray, y avait un gone, enfin un étudiant, qui voulait descendre à Lyon et le darnier tutu était supprimé. L’Augustine fait ni une ni deux, elle s'embarque avec lui, vu qu’y connaissait pas le chemin - et les vela à minuit -, à La Demi-Lune, enfin je veux dire à Tassin, les fumerons en tiges de pâquerettes, à la recherche d’un hôtel. Heureusement çui des Trois Renards a bien voulu les recevoir mais y avait qu’une chambre à deux lits. L’Augustine dit au gone : " Vous avez pas peur, petit ?... Moi non plus, vu que je vais sur les 63 ". Le gargotier a fermé discrètement les yeux, question d'habitude probable.
Alors le Ziquett, mon père, qu’aimait bien faire marcher sa belle-mère, lui a dit :
- Sans vous commander, racontez-nous donc votre folle nuit ?
- Men parlez pas. j‘ai pas pu fermer l'œil.
- Ah bon ? Et pourquoi donc ?
- On a fait un de ces charivaris les gones !
- Eh ben dites donc, et vous racontez ça devant le petit...
- Couenne que vous êtes, y avait un régiment de punaises que faisaient les manœuvres tout du long des baguettes électriques.
- C’est pas vrai ?
- Vous pouvez pas savoir ce que j’en ai écrasé l
- Ah ? Vous avez dormi quand même ?
- Mais non... écrasé des punaises, charogne !



Gilbert Pavaly et son bric-a-brac
en 2008 au parc de la Tête d'Or
Gilbert Pavaly

Décembre 2012 voyait la disparition d'un autre grand guignoliste, un autre genre de personnage unique…

Dure fin d'année 2012 décidément pour les marionnettistes guignolistes… On a appris un peu par hasard (et à retardement) la disparition de Gilbert Pavaly par le communiqué suivant :


"Le Grand Marionnettiste Gilbert Pavaly est décédé ce vendredi 21 décembre 2012, nous ne verrons plus sa bouille de taquin ni le petit singe son ami de toujours Kiki… 
Marionnettiste dans toute sa définition, créateur, sculpteur, interprète, comédien… 
Il a créé tant de marionnettes, du « Petit Jacques » de Lille aux marionnettes de la compagnie Carlo Colla et Figli… aux Théâtres de Guignols du Champ de Mars à Paris,… 
Son dernier travail avec Geneviève … 22 marionnettes à fils sur les traces de l’Histoire de France (1214-2014) avec la compagnie Mariska, d’Isabelle et Jean Bouclet pour le spectacle « Jehan de Pévèle ». Un immense travail de reconstitution 
De personnages et de costumes historiques… Gilbert était à la maison il y a encore quelques semaines à Cysoing, félicité par la Société Historique du Pays de Pévèle et tous les membres de la Communauté du Pays de Pévèle. 
Nous sommes effondrés par son départ. Nous avons Jean et moi-même énormément de chagrin ! C’était un homme talentueux, attachant, 
Drôle, plein d’humour, et il adorait son métier. Nous étions en telle complicité artistique et personnelle !!! 
Il prévoyait de venir avec nous au prochain festival de Charleville-Mézières… Il adorait que l’on parle un peu de lui, mais toujours avec pudeur. Il était célèbre dans le monde entier. 
C’est à Geneviève que nous pensons aujourd’hui, et à Gilbert que nous réservons nos meilleurs souvenirs. 
Avec l’autorisation de Geneviève Pavaly son éternelle moitié, vous pouvez déposer vos messages, vos condoléances à cette adresse : g.pavaly@les-marionnettes.com 

Merci pour eux deux d’informer le monde des artistes et des marionnettistes qui ont su l’apprécier. Infiniment MERCI pour relayer l’information. 

L’Incinération prévue le 28 décembre 2012 à 15h00 au Crématorium de Domerat. Avenue Ambroise Croizat – 03410 DOMERAT – (à confirmer auprès du Crématorium ou auprès de son épouse Geneviève Pavaly-Deretz) 

Isabelle et jean Bouclet 

Directeurs du Théâtre Mariska - www.mariska.fr " (fin de citation)

(Photos ©SD, Guignolsland)


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